Le périnée, les femmes n’en entendent parler que lorsqu’il commence à les
« lâcher ». Et c’est parti pour des séances de kiné pour remuscler le fameux
« plancher pelvien » à coups de pipi-stop. Pas très glamour… Pourtant, il existe
d’autres manières de découvrir et de mobiliser en douceur le cœur de l’anatomie
féminine. Et de se réconcilier avec notre intimité.

Stratégique bien que méconnu, notre périnée commence à nous intéresser quand il
n’assure plus correctement sa fonction : à savoir contenir les organes génitaux et
urinaires. Pour nombre d’entre nous, en dépit de sa position centrale, le périnée reste un organe… périphérique. Or, du fait de cette position au cœur de notre anatomie et de ses interactions avec les systèmes respiratoire et digestif, il est directement sollicité par nos gestes les plus quotidiens. Il est donc grand temps pour les femmes de remettre le périnée à sa juste place dans une organisation posturale globale.

Apprendre à se lâcher.

Très souvent quand une partie du corps dit « non », quand elle se manifeste (douleurs, dysfonctions…), il est indispensable intérieurement de dire « oui », c’est-à- dire de l’écouter, de réveiller sa force instinctive, afin de rétablir souplesse et mobilité, deux facteurs indispensables à un bon fonctionnement. Or, très souvent, face à la manifestation des « dysfonctionnements », surgissent non pas l’écoute et la bienveillance, mais le jugement, la critique, la culpabilité… Se jouent alors des scénarios terribles où les femmes, obnubilées par leur périnée, essaient de le « serrer » sans arrêt, ce qui les épuise et les stresse davantage. Or, où est le plaisir, la spontanéité, le lâcher- prise si nous sommes toujours dans le contrôle de nos sphincters — contrôle déjà si difficile à lâcher pour beaucoup d’entre nous ? Le périnée se doit d’être conscientisé, stimulé… nous pouvons jouer avec mais il ne doit pas être tenu en permanence sous peine de fibrose et donc d’hypomobilité. N’oublions pas que la femme s’épanouit dans son intimité par le lâcher-prise !

Se reconnecter à l’intelligence du corps.

Le travail vers soi commence donc par un véritable voyage au cœur de notre sensorialité : retrouver son périnée par une douce et subtile conscientisation de chaque groupe musculaire, le remettre à sa juste place en lien avec les autres fonctions viscérales… c’est aussi peu à peu se reconnecter concrètement à l’intelligence de son propre corps, rétablir le lien entre savoir-faire et savoir-être, accueillir la richesse sans limites de ses sens pour aller vers sa propre essence… C’est dans cet esprit que j’invite les femmes à découvrir leur anatomie lors de nos ateliers « O Féminins » ou des séances de Yoga du Périnée : il s’agit littéralement d’unir corps et esprit, union indissociable de l’harmonie générale de la personne. Ces ateliers sont un chemin de connaissance de soi par la conscience du corps : ne pas « croire », mais ressentir, écouter ce qui résonne en nous ; ne pas « contrôler » mais accueillir ce qui se révèle… En résumé, faire confiance à l’intelligence instinctive de la femme en soi.

Faire confiance à la femme en soi

Ce voyage au cœur du périnée est aussi l’occasion pour chacune d’entre nous de
remettre son sexe au centre de son corps, donc de vivre comme une femme sexuée, avec ses envies, ses désirs, ses plaisirs et ses déplaisirs. C’est notre énergie vitale, celle qui nous propulse et soutient notre joie de vivre, qui est en jeu. Se retrouver ensemble pour partager les différentes expériences dans un cadre bienveillant permet aussi de s’interroger sur la place que l’on donne à la femme, à la mère en soi. Et de questionner autrement sa propre féminité : « Et si, enfin, je me permettais d’être une mère bienveillante pour la femme que je suis ? »

 Christelle Desabres